Le congrès du PCF se prépare et il ne passionne guère. Ni à
l'extérieur, où le devenir d'un parti à 1,93 % semble peu peser sur la gauche, ni en interne, où les réunions sont désertées par les militants.
Ce sont près de 70 000 votants qui sont invités à s'exprimer, les 29 et 30 octobre, sur le texte d'orientation pour leur
congrès de décembre. Mais la fréquentation des assemblées générales est en chute libre : dans le Val-d'Oise, à Ermont ou Goussainville, elle a oscillé entre 13 et 25 adhérents pour des sections
qui en comptent au moins une centaine ; en Ille-et-Vilaine, l'AG départementale a réuni 25 personnes sur 700 adhérents ; ils étaient 40 à Rennes sur 400 cartes et 25 sur 250 dans le
12e à Paris.
Dans le fief du Val-de-Marne, les chiffres sont accablants : 60 participants à Vitry sur 900 adhérents ;
40 à Choisy-le-Roi, 10 à Villeneuve-le-Roi& La direction saura faire voter au dernier moment pour éviter d'afficher de tels résultats. Mais les militants ne sont pas dupes.
"On a du mal à mobiliser", reconnaît Olivier Dartigolles, porte-parole, qui explique ce désintérêt apparent :
L'épuisement militant après la débâcle à la présidentielle n'explique pas cette désaffection. La promesse faite alors d'"ouvrir grand" le débat sur le devenir du PCF a été oubliée au
profit d'un congrès qui opposera, comme les précédents, la direction à sa vieille garde représentée par le député André Gerin et les très orthodoxes militants de la Riposte. Pour montrer leur
désaccord et refuser "de jouer le jeu habituel des congrès ordinaires", les deux autres sensibilités - les Refondateurs comme une partie des anciens fidèles de Robert Hue - ont décidé de
ne pas présenter de texte alternatif. Olivier Dartigolles évoque également les lacunes du texte proposé par la direction du parti :
"On a l'impression qu'à l'intérieur, les militants restent sans y croire, et qu'à l'extérieur, le milieu intellectuel et politique ne sent pas qu'un sursaut est possible", souligne l'historien Claude Pennetier.
"Le PCF ne semble pas capable de proposer une alternative. Son congrès n'apparaît plus que comme un rite", renchérit Stéphane Rozès, directeur général de l'institut CSA. Même la question de la direction - Marie-George Buffet va-t-elle s'en aller ? - ne passionne plus. En interne comme à l'extérieur, elle apparaît trop maigre comme signe de renouveau.